écriture

  • La vie rêvée des poètes

    Du 8 janvier 2021 au 7 janvier 2022, j'ai tenu un carnet de bord de mes rêves.

    Chaque matin, sur ma page Facebook, j'ai consigné pendant un an mon rêve de la veille.

    D'aucuns ont cru qu'ils s'agissait de textes poétiques, de rêves inventés... que nenni ! Il s'agissait bien là de récits oniriques, écrits de manière automatique au petit matin.

    J'ai été ravie des échanges nombreux, des analyses diverses, des commentaires parfois très drôles qui ont accompagné ces rêves.

    Pour celles et ceux qui le souhaitent, voici un pdf regroupant les 365 textes. Bonne (re)lecture.

     

    La vie revee des poetesLa vie rêvée des poètes .pdf (19.68 Mo)

  • Cafés littéraires en prison

    Le 19 octobre 2021, je suis allée à la maison d'arrêt de Dunkerque. À la fin de la rencontre littéraire, un homme m'a demandé pourquoi je venais en prison, ce que ça m'apportait. Je ne m'étais jamais posé la question, on m'a demandé si j'acceptais de participer à un café littéraire dans une maison d'arrêt et dans un centre de détention, j'ai juste répondu "Oui, bien sûr".

    Je fais partie d'un collectif dont la philosophie est de "rendre la poésie accessible à tous et partout". "Partout" ça veut dire aussi derrière les grilles et les verrous.

    Le lendemain, je me suis rendue au centre de détention de Longuenesse. Contrairement à la veille, il y avait du café pour le café littéraire, et même des gâteaux et des meringues en forme de seins pour célébrer octobre rose et lutter contre le cancer du sein. Avoir mangé, en prison, des meringues en forme de totottes restera un souvenir inimaginable et inoubliable.

    Dès mon arrivée, j'ai remarqué que les hommes tenaient des exemplaires des mes livres entre leurs mains. Ils avaient lu un ou plusieurs de mes recueils. Je me suis dit "Chouette, s'ils sont venus à la rencontre après m'avoir lue, c'est qu'ils ont dû aimer mon écriture".

    Nous avons échangé. Ils m'ont expliqué qu'ils participaient à la rédaction d'une gazette interne au très beau titre, "L'échappée", dans laquelle figurerait au prochain numéro une chronique à propos de mon recueil "Americans don't walk". Je suis très heureuse de savoir que ce livre a permis et permettra aux lecteurs de s'évader, de rêver, de voyager le temps d'une lecture. La littérature sert à ça, à effacer le monde autour, à transporter ailleurs, dans d'autres temps où d'autres espaces.

    Lors de nos échanges, l'un d'eux m'a dit avoir aimé mon livre alors qu'il ne lit pas habituellement. C'est ce qui est beau avec la poésie, on peut raconter des histoires en très peu de mots, offrir des univers qui tiennent dans la poche. Mais là où ils m'ont bien eue, c'est en commandant et en lisant "Alto mare". Je m'étais moi-même censurée en imaginant qu'un livre qui parlait de sensualité n'avait pas sa place dans une prison. Peut-être est-ce tout le contraire. La littérature a peut-être le pouvoir de pallier l'absence des corps aimés.

    En conclusion, l'on m'a dit que ce moment avait été une respiration. J'aime le croire. Pendant cette heure et demie, il n'y avait pas de détenus, pas de prison, pas de dedans et pas de dehors. C'est facile à dire pour moi qui suis repartie en les laissant là, mais j'aime croire qu'ils ont vécu ce moment comme moi, une rencontre très entre une autrice et ces lecteurs autour d'un café avec de drôles de meringues...

    Un grand merci à eux : Steve, Sébastien, Jeffrey, Dylan, Philippe et Grégory.

    Et un grand merci aux Escales des lettres qui ont permis cette rencontre.

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  • Confinement 2020

    Le blog n'est pas nourri de manière constante, je l'utilise uniquement pour les périodes qui méritent de tenir un journal (résidence d'écriture, voyage, etc.).

    Comme beaucoup, j'aurais pu tenir un journal du confinement, mais à quoi bon ? quel ennui ! Pour vous dire que mes journées commençaient avec du yoga et finissaient avec un apéro ? non...

    Au lieu de cela, j'ai préféré écrire un nouveau recueil de poésie, Americans don't walk, qui sortira l'année prochaine aux éditions Le chat polaire.

  • VMY - Mercredi 29 mai 2019

    Villa Marguerite Yourcenar - Mercredi 29 mai 2019

    Img 20190514 223557Réveil à l'aube pour serrer fort dans mes bras Françoise Henry et Geneviève Parot, elles ont pris le train pour Paris, je prend celui pour Lyon quelques heures plus tard. Toute l'équipe est venue nous dire au revoir, des promesses de rencontres prochaines sont faites, j'espère que nous les tiendrons, des rires éclatent entre joie des moments passés et tentative de dissimuler une certaine émotion. Nous avons chacune rempli le livre d'or, quelques mots pour remercier encore nos hôtes, pour accueillir les prochains résidents.

    À peine Françoise et Geneviève ont-elles franchi la porte que la maison a initié sa métamorphose. Draps et coussins volaient depuis l'étage supérieur et prenaient la direction de la laverie. Annick juchée sur un tabouret lavait à grandes eaux les réfrigérateurs et distribuait les restes. Une autre femme, venue l'aider, frottait les sols, lavait les salles de bain, changeait la literie, aérait les chambres, effaçait nos traces, les preuves de notre passage, de notre vie un mois durant derrière les portes "Zénon", "Alexis" et "Hadrien".

     

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    Img20190529103357Img20190529111706J'ai passé la dernière heure à lire dans le salon deux petits livres qui étaient restés en attente sur ma table de nuit, Nathalie Sarraute, l'après-midi de Michèle Gazier et Denis Deprez et Juste une formalité de Lucien Suel et Sylvie Granotier, deux livres à quatre mains, deux paires, un auteur une auteure, envie de retrouver moi aussi celui qui m'accompagne.

    Je suis maintenant dans le TGV Lille-Lyon, une femme argentine parle au téléphone et le décrit comme el tren bala, il y a des airs de retour à la maison.

    Img20190529135250Merci pour votre attention au cours de ces 28 jours, vous pouvez éteindre l'écran et reprendre une activité normale. Après ch’temps là in d’ara d’l’aute !


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