écriture
Tremplin poétique : une image, mille mots
Le 28/04/2026
2 heures de poésie à la Bib du 2e
Jeudi 23 avril, une douzaine de participants s’est rassemblée à la Bibliothèque du deuxième arrondissement pour l’avant-dernier atelier d’écriture de Samantha Barendson.
Tremplin poétique : traduire et trahir
Le 27/04/2026
La part des langues à la Part-Dieu
Samedi 11 avril à la bibliothèque de la Part-Dieu, une quinzaine de participants s’est réunie pour pour un atelier autour des langues, en écho au tout premier de ce Tremplin.
Is Poetry useful ?
Le 13/04/2026
Qui fait quoi à Duguesclin ?
Tout le monde fait de la poésie bien sûr !
Samedi 4 avril à la bibliothèque Duguesclin, Samantha Barendson a initié les participantes de son atelier d’écriture à la poésie, le tout en deux minutes chrono.
« Peut-on être nu et masqué ? »
Tremplin poétique : poèmes collés-découpés
Le 07/04/2026
Poésie et arts plastiques à la Croix-Rousse
Jeudi 26 mars, à la bibliothèque du 4e arrondissement de la Croix-Rousse, la poésie a pris une nouvelle dimension grâce à l’atelier de collage proposé par Samantha Barendson.
Écrivez, découpez, collez... créez !
Tremplin poétique : écoutez la poésie !
Le 07/04/2026
La Duchère brave les interdits
Au cours de deux séances animées par Samantha Barendson, le public des ateliers d’écriture à la bibliothèque de la Duchère s’est libéré des injonctions à travers la poésie.
« Je demande à la mer de s’installer à Lyon. »
Tremplin poétique : atelier chronométré
Le 07/04/2026
3 minutes de poésie à la médiathèque de Vaise
Mercredi 25 mars à la médiathèque de Vaise, Samantha Barendson a invité les participantes à éteindre leur cerveau et à se laisser guider par leur instinct poétique.
Tremplin poétique : atelier parents-enfants
Le 31/03/2026
Cadavre exquis et caviardage au 6e
À la bibliothèque du sixième, parents et enfants ont formé des binômes le temps d’une matinée poétique et créative.
« La poule - scintillante - pond - dans la lagune - merveilleuse. »
Samedi 21 mars à la Bibliothèque du 6e arrondissement, parents et enfants se sont emparés du célèbre jeu du cadavre exquis. Et les résultats, touchants par leur côté enfantin et naïf, n’ont toutefois pas manqué de poésie.
Ateliers au lycée Condorcet de Saint-Priest
Le 08/03/2023
6 séances, avec une classe de 2de, pour déconstruire les stéréotypes de genre dans les contes classiques.
Le 16/01/2022
Du 8 janvier 2021 au 7 janvier 2022, j'ai tenu un carnet de bord de mes rêves.
Chaque matin, sur ma page Facebook, j'ai consigné pendant un an mon rêve de la veille.
D'aucuns ont cru qu'ils s'agissait de textes poétiques, de rêves inventés... que nenni ! Il s'agissait bien là de récits oniriques, écrits de manière automatique au petit matin.
J'ai été ravie des échanges nombreux, des analyses diverses, des commentaires parfois très drôles qui ont accompagné ces rêves.
Pour celles et ceux qui le souhaitent, voici un pdf regroupant les 365 textes. Bonne (re)lecture.
La vie rêvée des poètes .pdf (19.68 Mo)
Le 31/10/2021
Le 19 octobre 2021, je suis allée à la maison d'arrêt de Dunkerque. À la fin de la rencontre littéraire, un homme m'a demandé pourquoi je venais en prison, ce que ça m'apportait. Je ne m'étais jamais posé la question, on m'a demandé si j'acceptais de participer à un café littéraire dans une maison d'arrêt et dans un centre de détention, j'ai juste répondu "Oui, bien sûr".
Je fais partie d'un collectif dont la philosophie est de "rendre la poésie accessible à tous et partout". "Partout" ça veut dire aussi derrière les grilles et les verrous.
Le lendemain, je me suis rendue au centre de détention de Longuenesse. Contrairement à la veille, il y avait du café pour le café littéraire, et même des gâteaux et des meringues en forme de seins pour célébrer octobre rose et lutter contre le cancer du sein. Avoir mangé, en prison, des meringues en forme de totottes restera un souvenir inimaginable et inoubliable.
Dès mon arrivée, j'ai remarqué que les hommes tenaient des exemplaires des mes livres entre leurs mains. Ils avaient lu un ou plusieurs de mes recueils. Je me suis dit "Chouette, s'ils sont venus à la rencontre après m'avoir lue, c'est qu'ils ont dû aimer mon écriture".
Nous avons échangé. Ils m'ont expliqué qu'ils participaient à la rédaction d'une gazette interne au très beau titre, "L'échappée", dans laquelle figurerait au prochain numéro une chronique à propos de mon recueil "Americans don't walk". Je suis très heureuse de savoir que ce livre a permis et permettra aux lecteurs de s'évader, de rêver, de voyager le temps d'une lecture. La littérature sert à ça, à effacer le monde autour, à transporter ailleurs, dans d'autres temps où d'autres espaces.
Lors de nos échanges, l'un d'eux m'a dit avoir aimé mon livre alors qu'il ne lit pas habituellement. C'est ce qui est beau avec la poésie, on peut raconter des histoires en très peu de mots, offrir des univers qui tiennent dans la poche. Mais là où ils m'ont bien eue, c'est en commandant et en lisant "Alto mare". Je m'étais moi-même censurée en imaginant qu'un livre qui parlait de sensualité n'avait pas sa place dans une prison. Peut-être est-ce tout le contraire. La littérature a peut-être le pouvoir de pallier l'absence des corps aimés.
En conclusion, l'on m'a dit que ce moment avait été une respiration. J'aime le croire. Pendant cette heure et demie, il n'y avait pas de détenus, pas de prison, pas de dedans et pas de dehors. C'est facile à dire pour moi qui suis repartie en les laissant là, mais j'aime croire qu'ils ont vécu ce moment comme moi, une rencontre très riche entre une autrice et ses lecteurs autour d'un café avec de drôles de meringues...
Un grand merci à eux : Steve, Sébastien, Jeffrey, Dylan, Philippe et Grégory.
Et un grand merci aux Escales des lettres qui ont permis cette rencontre.
Le 18/08/2020
Le blog n'est pas nourri de manière constante, je l'utilise uniquement pour les périodes qui méritent de tenir un journal (résidence d'écriture, voyage, etc.).
Comme beaucoup, j'aurais pu tenir un journal du confinement, mais à quoi bon ? quel ennui ! Pour vous dire que mes journées commençaient avec du yoga et finissaient avec un apéro ? non...
Au lieu de cela, j'ai préféré écrire un nouveau recueil de poésie, Americans don't walk, qui sortira l'année prochaine aux éditions Le chat polaire.
Le 29/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Mercredi 29 mai 2019
Réveil à l'aube pour serrer fort dans mes bras Françoise Henry et Geneviève Parot, elles ont pris le train pour Paris, je prend celui pour Lyon quelques heures plus tard. Toute l'équipe est venue nous dire au revoir, des promesses de rencontres prochaines sont faites, j'espère que nous les tiendrons, des rires éclatent entre joie des moments passés et tentative de dissimuler une certaine émotion. Nous avons chacune rempli le livre d'or, quelques mots pour remercier encore nos hôtes, pour accueillir les prochains résidents.
À peine Françoise et Geneviève ont-elles franchi la porte que la maison a initié sa métamorphose. Draps et coussins volaient depuis l'étage supérieur et prenaient la direction de la laverie. Annick juchée sur un tabouret lavait à grandes eaux les réfrigérateurs et distribuait les restes. Une autre femme, venue l'aider, frottait les sols, lavait les salles de bain, changeait la literie, aérait les chambres, effaçait nos traces, les preuves de notre passage, de notre vie un mois durant derrière les portes "Zénon", "Alexis" et "Hadrien".

J'ai passé la dernière heure à lire dans le salon deux petits livres qui étaient restés en attente sur ma table de nuit, Nathalie Sarraute, l'après-midi de Michèle Gazier et Denis Deprez et Juste une formalité de Lucien Suel et Sylvie Granotier, deux livres à quatre mains, deux paires, un auteur une auteure, envie de retrouver moi aussi celui qui m'accompagne.
Je suis maintenant dans le TGV Lille-Lyon, une femme argentine parle au téléphone et le décrit comme el tren bala, il y a des airs de retour à la maison.
Merci pour votre attention au cours de ces 28 jours, vous pouvez éteindre l'écran et reprendre une activité normale. Après ch’temps là in d’ara d’l’aute !
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Le 28/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Mardi 28 mai 2019
Dernière nuit dans la grande demeure, derniers préparatifs avant de fermer la valise et de prendre le train demain, dernier déjeuner en compagnie de Marianne Petit la directrice et Bruno Dewaele le photographe, dernières lasagnes aux légumes, dernier tour du parc pour regarder la villa de loin une dernière fois, dernière carte postale reçue (merci Marie-Anne), derniers moments passés dans les bureaux à dire au revoir, à bientôt, j'espère que nous nous reverrons et surtout un grand merci, merci Marianne, Françoise, Béatrice, Virginie, Annick et Pascal, dernier dîner entre auteures, derniers rires, dernier parmentier au canard, dernier verre de vin rouge, dernière pluie d'un mois de mai qui parfois ressemblait à novembre, dernières lueurs de la bergerie de l'autre côté du parc où travaille l'équipe, derniers bruissements du vent dans les tilleuls, derniers chants d'oiseaux dont j'ai commencé à apprendre les noms (mésange bleue, pic-vert, hulotte, faisans), dernières lignes écrites dans cette maison, les prochaines le seront depuis le train de Lille à Lyon, avant-dernier billet de ce blog dédié à ma résidence à la Villa Marguerite Yourcenar.
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Le 27/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Lundi 27 mai 2019

Seulement deux jours avant le départ, avant le retour, la maison s'agite de toutes parts, Geneviève Parot s'expédie à elle-même des cartons de choses qu'elle n'a pas le courage de transporter dans sa valise, Françoise Henry s'est délestée du superflu auprès de sa fille venue lui rendre visite en voiture, moi je croise les doigts pour que tout rentre dans la valise. Je n'ai rien de plus, mais une loi étrange agit sur les objets et les rend toujours plus volumineux au retour qu'à l'aller.
J'ai cueilli trois feuilles de grands arbres du parc, une pour chacune de nous, en souvenir de ce séjour en pleine nature. Lecteurs botanistes vous n'aurez aucun mal à les reconnaître. Les feuilles sécheront, je l'espère, et resteront dans une livre de ma bibliothèque, si possible de Marguerite Yourcenar (ai-je seulement un livre d'elle à la maison ?).
Dép'art, c'est le nom du pass culture du département du Nord. On nous a offert une belle enveloppe avec dix illustrations de lieux emblématiques, dont la villa Marguerite Yourcenar. C'est beau.
J'ai reçu une carte postale et une lettre anonyme qui me laisse perplexe et curieuse. Elle a été postée à Saint Priest (mais peut-être est-ce le centre de tri de Lyon) et semble écrite par un poète. Je suppose qu'il s'agit d'une connaissance mienne, peut-être même un ami. Merci à cette personne de se dénoncer rapidement avant que je ne devienne folle.
Après-midi salon de thé à la villa. Charlotte Valois (et le plus mignon des bébés) est venue récupérer le vélo qu'elle m'avait prêté. J'espère que j'aurais la chance de recroiser sa route, à pied ou à vélo, ici ou là. Il est toujours triste de rencontrer des personnes avec qui l'on voudrait continuer à parler. Idem pour Marie-Anne Plet qui est revenue les bras chargés de victuailles - fraises, confiture maison, liqueur, bonbons aux coquelicots, thé et un gâteau chocolat-orange Tu m'aimes-tu ? - je n'ai pas de mots (coeur avec les doigts).
Reçu par Instagram un message qui m'a bien fait plaisir, il semblerait que mon éditeur Le chat polaire soit un champion des envois par la poste. Je dis ça, je ne dis rien.
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Le 26/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Dimanche 26 mai 2019
Malo-les-bains, la plus belle plage du Nord (c'est ce qui est écrit en arrivant), la plage de Dunkerque. Il faudrait déménager la Villa Marguerite Yourcenar au bord de la mer, laisser les auteurs contempler les mille nuances de gris, de bleu et de vert. Quel plaisir - semblable à l'excitation de l'enfance - que de courir sur la plage, marcher contre le vent, taquiner l'écume clair du bout de l'orteil, faire fuir le mouettes, trouver des coquillages vides, emplir ses poumons d'un air iodé, joie.
Moules-frites-bière en terrasse face à la mer, chez Le roi de la moule (ça ne s'invente pas). Plage de nouveau, des kilomètres de sable fin, la marée basse, il m'a fallu aller loin pour rejoindre l'eau avec cette peur au ventre de ne pas avoir assez de temps pour revenir à terre à marée haute.

Beaucoup de vent, les cheveux en bataille, une heure de répit au Laac - Lieu d'art et action contemporaine de Dunkerque - on entre par un jardin de sculptures qui mène à un bâtiment moderne bien qu'un peu vétuste. Trois étages, collection temporaire au rez-de-chaussée autour du gigantisme, au premier étage une sélection des meilleures oeuvres de la collection permanente (avec, entre autres, de magnifiques Arman, Niki de Saint Phalle, Bernard Heidsieck, César, Vasarely, Isidore Isou, etc.). Au dernier étage, un étonnant cabinet d’arts graphiques, meubles à tiroirs qui cachent des merveilles à condition de les ouvrir.
Et la mer, de nouveau, pour lui dire au revoir, pour revoir ces incroyables dégradés de bleu-gris, gris-vert, vert de gris, gris bleuté.
C'est Charlotte Valois qui m'a emmenée de nouveau à Malo aujourd'hui, deux fois merci à elle. Mais c'est Hélène Dorion qui m'a accompagnée, avec son livre L'âme rentre à la maison qu'elle a écrit depuis une île, solitaire et entourée d'eau, elle y parle d'amour... Moi aussi je rentre bientôt à la maison.
Malgré la distance, je suis allée voter... par procuration. Pas de marché, pas de promenade, pas de rencontre avec les voisins et amis du quartier, mais un bulletin dans l'urne tout de même.
< JOUR PRÉCÉDENT JOUR SUIVANT >
Le 25/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Samedi 25 mai 2019
Je suis maaaaaalade, complètement malaaaaaade, bon juste un petit rhume mais ce n'est pas agréable du tout, la tête lourde n'aide pas à la création.
J'ai regardé le documentaire À voix haute de Stéphane De Freitas et Ladj Ly. Une vingtaine de jeunes étudiants de la Seine Saint-Denis (le 93) décident de s'inscrire aux cours qui préparent au concours d'éloquence. Ça peut faire peur comme ça, on se dit que ça va être encore un film plein de bons sentiments, et bien oui, et ça fait un bien fou de voir tous ces jeunes qui savent ce qu'ils veulent et qui ont conscience que le langage est un moyen de s'en sortir, que maîtriser les mots ouvre bien des portes et permet d'avancer. Le documentaire est plein d'humour aussi, de poésie, de slam, d'histoires intimes, de combats personnels et universels. Bravo les jeunes !
En parlant de jeunes, j'ai lu Nous serons de héros de Brigitte Giraud. Comme toujours, son récit est fort, juste, beau. Deux histoires se mêlent, celle de la dictature au Portugal suivie de la révolution des œillets et celle de la guerre d'Algérie. Le narrateur est un enfant portugais exilé en France avec sa mère après l'arrestation et l'assassinat (un accident dit-on) de son père. Il est question de la perte de l'enfance, de la construction d'une nouvelle identité, de ce que l'on laisse et de ce que l'on gagne, mais il est question aussi du corps, du désir, de l'éveil des sens.
Faute d'écrire, je tricote. Je suis nulle en tricot, il va falloir l'admettre mais j'arriverai à finir cette foutue écharpe rouge. Elle ressemble à un portrait de mes humeurs, parfois la maille est souple, d'autres fois elle est trop serrée, il y a des trous par ci par là mailles perdues par inattention ou échappées lors d'un mouvement trop brusque, le début est plus étroit que la fin car je rajoute des mailles par inadvertance, je suis curieuse de finir mon ouvrage.
Demain, Malo-les-Bains, la mer !
Le 24/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Vendredi 24 mai 2019
Dernière journée des collégiens, demain la maison et le parc seront de nouveau plongés dans le silence. Je ne suis pas sortie pour ne pas tenter mon rhume qui s'était assoupi, j'ai gardé la chambre et le lit pour être en forme le soir.
Nous avons - Geneviève Parot, Françoise Henry et moi-même - proposé une première partie au spectacle de Jacques Bonnaffé. Dans l'alcôve de la salle d'exposition, nous avons lu en avant-première des extraits de nos travaux en cours. Nous voulions offrir aux auditeurs et autres gens de passage un aperçu de ce qui s'écrit derrière les murs de cette grande demeure.
La salle était comble et le public attentif (puis ravi). Trois textes de natures très différentes, trois voix soudainement interloquées par l'énigmatique présence de Jacques Bonnaffé qui est apparu avec un lustre portatif et qui s'est planté là. The show must go on, ce happening n'a pas manqué de surprendre tout le monde. Toutefois, ce qui a pu sembler étrange dans un premier temps a fini par avoir du sens plus tard lors du spectacle.
Remords-moi le Nord, titre dudit spectacle, est une reprise de Les Vieilles carettes.
Les Vieilles carettes roulent encore. Depuis Calais, et les Feux d’hiver qui les ont vues poindre à l’horizon, elles se sont aventurées dans les festivals conteurs, sur des scènes diverses. Et parfois, chez des amis se sont arrêtées, réinventées et écrites. Grande parade des baratins, en reconnaissance à tous les Cafougnette de la vie quotidienne. C’est une déclaration d’amour à la scène et aux mondes saltimbanques. Un emprunt joyeux à cet aplomb pétillant propre aux Ch’tis lorsqu’on arrête de les caricaturer dans de mauvais scénarios. Disons, une fête de l’écoute usant des répertoires populaires, et comme un devoir de comédien, petit ouvrage d’art et de paroles.
Jacques Bonnaffé parle en patois pendant presque tout le spectacle, il cite Rimbaud, Luciel Suel, Domique Sampiero et tant d'autres. Il mélange les chansons d'un certain Raoul (Raoul de Godewarsvelde, figure emblématique de la chanson populaire du Nord-Pas-de-Calais) et de Patti Smith. On fait le grand écart entre les chansons de carnaval et la poésie de la Beat generation. Et on en ressort dans un drôle d'état. Je pensais ne pas accrocher au côté clown des premières minutes du spectacle puis j'ai peu à peu été conquise, émue, ravie, j'ai ri, j'ai applaudi. Bravo à lui.
Une table de livres était tenue par la librairie Calibou & co (Café-Librairie-Boulangerie) à Godewaersvelde. Les libraires sont adorables et ils aiment la poésie ! Allez-y.
Le 23/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Jeudi 23 mai 2019
Reprise des activités collégiennes dans le parc. Déjeuner à la table de Jacques Bonnaffé. Il est comme on me l'avait décrit, voix et gouaille particulières, humour décapant, amour des oiseaux. Il a peu été question de poésie, mais faut-il en parler ?
J'ai dû passer pour une psychopathe lorsque j'ai dit à la chanteuse bulgare qui s'était égarée en musique dans notre couloir d'aller chanter plus loin car je n'arrivais pas à écrire. Je suis de ceux qui écrivent en silence, pas de notes, pas de mots.
Une nouvelle lettre est arrivée ce matin. Merci à la mystérieuse Sophie Grail que je ne connais pas (ou alors ma mémoire me fait défaut et dans ce cas je plaiderai un Alzheimer précoce) pour ses mots. C'est une drôle de sensation, agréable et joyeuse, que de recevoir du courrier postal, surtout en résidence. Ces petites enveloppes tissent un chemin entre ville et campagne, bien plus que les courriels qui finissent par se perdre au fond de l'ordinateur.
Naturellement je me suis enrhumée, à osciller entre pluie et canicule les variations ont eu raison de ma gorge. Journée enfermée dans ma petite chambre à boire des infusions romarin, citron, miel. C'est comme dans Mon citronnier lorsque la narratrice dit Allais-je passer le reste de ma vie à faire des infusions ?
L'autre fille d'Annie Ernaux est vraiment un très beau texte (et là je vous vois, ceux qui sont d'accord avec moi et qui frétillent, et ceux qui trouvent qu'Annie Ernaux ne fait rien d'autre que des listes de choses qu'elle voit, mais moi j'adore les listes et les auteurs qui font des listes comme Georges Perec ou Clémentine Mélois). Comme tous ses textes, celui-ci est sensible, elle trouve toujours l'image ou la phrase qui dormait en nous et devient évidence sur la page imprimée.
Avant d'aller dormir, il me faudra choisir entre Nous serons heureux de Brigitte Giraud, Une simple formalité de Sylvie Granotier et Luciel Suel (dont le titre me fait penser, certainement à tort, au film de Giuseppe Tornatore, Una pura formalità), et Identités barbares de Carine Fernandez.
Il n'y aura pas de fleurs ce soir, le rhume empêche mes escapades. Toutefois, l'herbier demeure incomplet puisque certains noms de plantes n'ont pas encore été trouvés.
Le 22/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Mercredi 22 mai 2019

Dernier train pour Buenos Aires, de Hernán Ronsino, très beau roman en quatre parties, quatre personnages, chacun sa version des faits, un peu comme dans Jackie Brown de Tarantino, sauf que là ça se passe en Argentine.
Je lis L'autre fille d'Annie Ernaux. Je découvre la collection Les affranchis des éditions NiL, une collection qui invite l'auteur à écrire une lettre qu'il n'a jamais écrite. Ici Annie Ernaux s'adresse à sa soeur, morte bien avant sa naissance, dont elle semble avoir appris l'existence par hasard.
Journée studieuse. La maison est calme, les collégiens ne reviennent que demain, la musique, l'agitation, le brouhaha et les rires aussi, j'en ai profité pour avancer.
Visite de Laure Anders, ancienne résidente de la Villa (je m'aperçois en écrivant "résidente" que l'on pourrait presque nous croire en maison de retraite ou à l'hôpital psychiatrique, il n'en est rien, nous sommes les habitantes de cette magnifique demeure, les châtelaines). Visite de Laure Anders donc, auteure et plasticienne qui a exposé en février à la Villa une série de collages sur le thème de la Saint Valentin (entendez amour et érotisme).
Suite au succès de l'herbier virtuel d'hier, voici une nouvelle série de photographies des fleurs que l'on trouve dans le parc. À vous de deviner, moi je suis nulle (à part le Pommier, le Pissenlit et le Houx).
Merci à Tristan Alleman qui a trouvé la Bugle rampante, le Lierre terrestre, le Trèfle douteux et la Renoncule.
Merci à Sophie Sopibali qui a trouvé l'Ail des ours, le Plantain et la Cardamine.
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1. Renoncule |
1 bis. feuille de Renoncule |
1 ter. Renoncule |
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2. Trèfle douteux |
3. Pissenlit |
4. Bugle rampante |
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5. Plantain |
6. Lierre terrestre |
7. Carotte sauvage ? |
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8. Houx |
9. Ail des ours |
10. Pommier |
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11. Cardamine |
11 bis. Cardamine |
12. Véronique |
Le 21/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Mardi 21 mai 2019
Le parc grouille de collégiens, pendant quatre jours la Villa Marguerite Yourcenar accueille 650 marmots du département du Nord. Au programme divers ateliers animés par des auteurs jeunesse dont Olivier de Solminihac que je rencontre enfin après une dizaine d'années d'amitié Facebookienne.
Longue discussion sur la terrasse ensoleillée (enfin, du soleil !), je découvre en vrac qu'il est également poète, qu'il lit du Carver comme Jean-Marc Flahaut, qu'un jour il est allé faire des recherches au Museum d'histoire naturelle de New-York, qu'il fume et qu'il s'est fait arrêter comme moi par les douanes volantes qui sillonnent vers la frontière belge, là où les gens achètent alcools et cigarettes.
Après-midi studieux, écrire, écrire, écrire. Au rez-de-chaussée cinq femmes chantent des chants bulgares. Elles sont là pour les collégiens, elles répètent entre deux concerts et l'on entend par alternance la joie ou la plainte du violon.
N'ayant aucune photographie pour illustrer le billet de ce soir, je suis allée me promener dans le parc. M'est venue l'idée de faire un herbier des fleurs qui poussent entre les herbes du domaine. Je m'aperçois que je n'y connais rien, je sais qu'il y a des pâquerettes, des marguerites, des boutons d'or, des pissenlits, des rhododendrons... et voilà, ma culture florale s'arrête là. À vous de jouer !
Merci à Sophie Sopibali qui a trouvé la Véronique, l'Herbe-à-Robert, le Myosotis et la Silène ou Compagnon rouge.
Merci à Tristan Alleman qui a trouvé la fleur de la Ronce, la Benoîte commune, la Renoncule et l'Alliaire officinale.
Merci à Françoise Henry et Annick Lecomte qui ont trouvé l'Ail des ours.
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1. Pissenlit |
2. Véronique |
3. |
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4. Herbe-à-Robert |
5. Rhododendron |
6. Alliaire officinale |
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7. Benoîte commune |
8. fleur de la Ronce (Mûrier) |
9. Myosotis |
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10. Silène / Compagnon rouge |
11. Bouton d'or |
12. Pâquerette |
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13. Renoncule |
14. Marguerite |
< JOUR PRÉCÉDENT JOUR SUIVANT >
Le 20/05/2019
Villa Marguerite Yourcenar - Lundi 20 mai 2019
Rencontre au sommet avec deux grands poètes du Nord, Jean-Marc Flahaut et François-Xavier Farine. Après-midi à Lille à marcher de la gare à la grand place, à visiter le vieux Lille, à manger des gaufres en évaluant l'état de la poésie contemporaine.
J'étais curieuse de voir l'exposition en plein air qui a lieu actuellement à Lille, j'avais cru comprendre qu'il s'agissait de sculptures et autres formes visuelles d'art mexicain. L'événement s'appelle Eldorado et tout n'est pas très bon. Il y a en effet, lorsqu'on sort de la gare, des animaux géants en carton pâte, colorés et latino-américanisés, mais l'on a l'impression de voir une suite de Pokemons plutôt que des animaux totems. C'est gai mais ça m'a laissé un peu froide.
La vieille ville est très jolie, mais demeure le mystère d'une porte brûlée à moitié. Comment le feu a-t-il fait pour ne pas dévorer la porte entière ? le battant de la porte était peut-être ouvert, le bois des deux battants n'était peut-être pas le même, quelle est l'histoire de cet incendie ? Plus loin il y a un immeuble fin semblable au Flatiron building de New-York, je comprends mieux pourquoi Jean-Marc Flahaut parvient à faire de la littérature nord-américaine dans les Hauts de France (nous le voyons ici en pleine lecture d'un autre auteur à succès :-)
De retour à Bailleul, j'ai visité la librairie La bailleuloise qui possède un rayon dédié aux auteurs de la Villa Marguerite Yourcenar. J'ai acheté des enveloppes - c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup - et j'ai commencé à préparer les envois de mon nouveau recueil. Il ne tient qu'à vous de le commander, hehehe.
Merci merci merci aux trois personnes - mon mari Jean-Christophe Géminard, Philippe Perrier et Sylvie Doizelet - pour vos missives. Quelle joie de trouver à mon retour enveloppes et cartes postales glissées sous ma porte.
Aujourd'hui c'est aussi un jour spécial, mais ça c'est une autre histoire.
























































