poésie

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VMY - Lundi 27 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Lundi 27 mai 2019

Img 20190527 165239Img20190527212012Seulement deux jours avant le départ, avant le retour, la maison s'agite de toutes parts, Geneviève Parot s'expédie à elle-même des cartons de choses qu'elle n'a pas le courage de transporter dans sa valise, Françoise Henry s'est délestée du superflu auprès de sa fille venue lui rendre visite en voiture, moi je croise les doigts pour que tout rentre dans la valise. Je n'ai rien de plus, mais une loi étrange agit sur les objets et les rend toujours plus volumineux au retour qu'à l'aller.

J'ai cueilli trois feuilles de grands arbres du parc, une pour chacune de nous, en souvenir de ce séjour en pleine nature. Lecteurs botanistes vous n'aurez aucun mal à les reconnaître. Les feuilles sécheront, je l'espère, et resteront dans une livre de ma bibliothèque, si possible de Marguerite Yourcenar (ai-je seulement un livre d'elle à la maison ?).

Dép'art, c'est le nom du pass culture du département du Nord. On nous a offert une belle enveloppe avec dix illustrations de lieux emblématiques, dont la villa Marguerite Yourcenar. C'est beau.

Img 20190527 165152J'ai reçu une carte postale et une lettre anonyme qui me laisse perplexe et curieuse. Elle a été postée à Saint Priest (mais peut-être est-ce le centre de tri de Lyon) et semble écrite par un poète. Je suppose qu'il s'agit d'une connaissance mienne, peut-être même un ami. Merci à cette personne de se dénoncer rapidement avant que je ne devienne folle. 

Après-midi salon de thé à la villa. Charlotte Valois (et le plus mignon des bébés) est venue récupérer le vélo qu'elle m'avait prêté. J'espère que j'aurais la chance de recroiser sa route, à pied ou à vélo, ici ou là. Il est toujours triste de rencontrer des personnes avec qui l'on voudrait continuer à parler. Idem pour Marie-Anne Plet qui est revenue les bras chargés de victuailles - fraises, confiture maison, liqueur, bonbons aux coquelicots, thé et un gâteau chocolat-orange Tu m'aimes-tu ? - je n'ai pas de mots (coeur avec les doigts).

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Screenshot 2019 05 27 12 13 44 50Reçu par Instagram un message qui m'a bien fait plaisir, il semblerait que mon éditeur Le chat polaire soit un champion des envois par la poste. Je dis ça, je ne dis rien.


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VMY - Dimanche 26 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Dimanche 26 mai 2019

Malo-les-bains, la plus belle plage du Nord (c'est ce qui est écrit en arrivant), la plage de Dunkerque. Il faudrait déménager la Villa Marguerite Yourcenar au bord de la mer, laisser les auteurs contempler les mille nuances de gris, de bleu et de vert. Quel plaisir - semblable à l'excitation de l'enfance - que de courir sur la plage, marcher contre le vent, taquiner l'écume clair du bout de l'orteil, faire fuir le mouettes, trouver des coquillages vides, emplir ses poumons d'un air iodé, joie. 

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Moules-frites-bière en terrasse face à la mer, chez Le roi de la moule (ça ne s'invente pas). Plage de nouveau, des kilomètres de sable fin, la marée basse, il m'a fallu aller loin pour rejoindre l'eau avec cette peur au ventre de ne pas avoir assez de temps pour revenir à terre à marée haute.

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Img20190526144644Img20190526150408Beaucoup de vent, les cheveux en bataille, une heure de répit au Laac - Lieu d'art et action contemporaine de Dunkerque - on entre par un jardin de sculptures qui mène à un bâtiment moderne bien qu'un peu vétuste. Trois étages, collection temporaire au rez-de-chaussée autour du gigantisme,  au premier étage une sélection des meilleures oeuvres de la collection permanente (avec, entre autres, de magnifiques Arman, Niki de Saint Phalle, Bernard Heidsieck, César, Vasarely, Isidore Isou, etc.). Au dernier étage, un étonnant cabinet d’arts graphiques, meubles à tiroirs qui cachent des merveilles à condition de les ouvrir.

 

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Img20190526161349Et la mer, de nouveau, pour lui dire au revoir, pour revoir ces incroyables dégradés de bleu-gris, gris-vert, vert de gris, gris bleuté. 

1558908362993C'est Charlotte Valois qui m'a emmenée de nouveau à Malo aujourd'hui, deux fois merci à elle. Mais c'est Hélène Dorion qui m'a accompagnée, avec son livre L'âme rentre à la maison qu'elle a écrit depuis une île, solitaire et entourée d'eau, elle y parle d'amour... Moi aussi je rentre bientôt à la maison. 

Malgré la distance, je suis allée voter... par procuration. Pas de marché, pas de promenade, pas de rencontre avec les voisins et amis du quartier, mais un bulletin dans l'urne tout de même.

 

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VMY - Samedi 25 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Samedi 25 mai 2019

AvoixhauteJe suis maaaaaalade, complètement malaaaaaade, bon juste un petit rhume mais ce n'est pas agréable du tout, la tête lourde n'aide pas à la création.

J'ai regardé le documentaire À voix haute de Stéphane De Freitas et Ladj Ly. Une vingtaine de jeunes étudiants de la Seine Saint-Denis (le 93) décident de s'inscrire aux cours qui préparent au concours d'éloquence. Ça peut faire peur comme ça, on se dit que ça va être encore un film plein de bons sentiments, et bien oui, et ça fait un bien fou de voir tous ces jeunes qui savent ce qu'ils veulent et qui ont conscience que le langage est un moyen de s'en sortir, que maîtriser les mots ouvre bien des portes et permet d'avancer. Le documentaire est plein d'humour aussi, de poésie, de slam, d'histoires intimes, de combats personnels et universels. Bravo les jeunes !

26529189En parlant de jeunes, j'ai lu Nous serons de héros de Brigitte Giraud. Comme toujours, son récit est fort, juste, beau. Deux histoires se mêlent, celle de la dictature au Portugal suivie de la révolution des œillets et celle de la guerre d'Algérie. Le narrateur est un enfant portugais exilé en France avec sa mère après l'arrestation et l'assassinat (un accident dit-on) de son père. Il est question de la perte de l'enfance, de la construction d'une nouvelle identité, de ce que l'on laisse et de ce que l'on gagne, mais il est question aussi du corps, du désir, de l'éveil des sens.

Faute d'écrire, je tricote. Je suis nulle en tricot, il va falloir l'admettre mais j'arriverai à finir cette foutue écharpe rouge. Elle ressemble à un portrait de mes humeurs, parfois la maille est souple, d'autres fois elle est trop serrée, il y a des trous par ci par là mailles perdues par inattention ou échappées lors d'un mouvement trop brusque, le début est plus étroit que la fin car je rajoute des mailles par inadvertance, je suis curieuse de finir mon ouvrage.

Img20190525181318Demain, Malo-les-Bains, la mer !

 

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VMY - Vendredi 24 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Vendredi 24 mai 2019

Dernière journée des collégiens, demain la maison et le parc seront de nouveau plongés dans le silence. Je ne suis pas sortie pour ne pas tenter mon rhume qui s'était assoupi, j'ai gardé la chambre et le lit pour être en forme le soir.

Img20190524195433Nous avons - Geneviève Parot, Françoise Henry et moi-même - proposé une première partie au spectacle de Jacques Bonnaffé. Dans l'alcôve de la salle d'exposition, nous avons lu en avant-première des extraits de nos travaux en cours. Nous voulions offrir aux auditeurs et autres gens de passage un aperçu de ce qui s'écrit derrière les murs de cette grande demeure. 

La salle était comble et le public attentif (puis ravi). Trois textes de natures très différentes, trois voix soudainement interloquées par l'énigmatique présence de Jacques Bonnaffé qui est apparu avec un lustre portatif et qui s'est planté là. The show must go on, ce happening n'a pas manqué de surprendre tout le monde. Toutefois, ce qui a pu sembler étrange dans un premier temps a fini par avoir du sens plus tard lors du spectacle.

Remords-moi le Nord, titre dudit spectacle, est une reprise de Les Vieilles carettes.

Img20190524195711Les Vieilles carettes roulent encore. Depuis Calais, et les Feux d’hiver qui les ont vues poindre à l’horizon, elles se sont aventurées dans les festivals conteurs, sur des scènes diverses. Et parfois, chez des amis se sont arrêtées, réinventées et écrites. Grande parade des baratins, en reconnaissance à tous les Cafougnette de la vie quotidienne. C’est une déclaration d’amour à la scène et aux mondes saltimbanques. Un emprunt joyeux à cet aplomb pétillant propre aux Ch’tis lorsqu’on arrête de les caricaturer dans de mauvais scénarios. Disons, une fête de l’écoute usant des répertoires populaires, et comme un devoir de comédien, petit ouvrage d’art et de paroles.

Jacques Bonnaffé parle en patois pendant presque tout le spectacle, il cite Rimbaud, Luciel Suel, Domique Sampiero et tant d'autres. Il mélange les chansons d'un certain Raoul (Raoul de Godewarsvelde, figure emblématique  de la chanson populaire du Nord-Pas-de-Calais) et de Patti Smith. On fait le grand écart entre les chansons de carnaval et la poésie de la Beat generation. Et on en ressort dans un drôle d'état. Je pensais ne pas accrocher au côté clown des premières minutes du spectacle puis j'ai peu à peu été conquise, émue, ravie, j'ai ri, j'ai applaudi. Bravo à lui.

Une table de livres était tenue par la librairie Calibou & co (Café-Librairie-Boulangerie) à Godewaersvelde. Les libraires sont adorables et ils aiment la poésie ! Allez-y.

 

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