Tremplin poétique : atelier jeunesse

Le 24/03/2026 à 12:11

Jeunesse et poésie au Point du Jour

À la bibliothèque du Point du Jour, c’est au tour des jeunes du centre socio-culturel de se prêter au jeu de la poésie.

« La poésie c’est pas scientifique ; c’est regarder la vie d’un autre œil. »

Faut-il être adulte pour faire de la poésie ? Certainement pas !
Et les jeunes du centre socio-culturel du Point du Jour sont bien de cet avis.

Cette rencontre avec Samantha Barendson s’inscrivait dans le cadre de l’accompagnement scolaire collégien du Centre socio-culturel du Point du Jour. Elle a également été préparée en amont à travers plusieurs temps d’échanges autour des mots et de la poésie. Ces ateliers, préparés et animés par la médiatrice culturelle et le référent jeunesse, ont été proposés aux jeunes en complément des temps habituels de la semaine, sur la base du volontariat, afin de préparer au mieux cette belle rencontre.

Au cours de cette séance préparée par Samantha Barendson, et sous l’œil bienveillant des bénévoles du centre et de la bibliothécaire, un petit groupe de jeunes âgés de 11 à 13 ans s’est essayé à la poésie. Mais pas question de rester assis autour d’une table pendant deux heures pour gratter du papier : la poésie, il faut que ce soit vivant !

Alors, sous forme d’exercices ludiques, Samantha Barendson a laissé la poésie s’inviter à cet atelier. Un peu à la façon d’un cadavre exquis, les participants ont pioché des mots dans trois catégories pour former des poèmes. Car au fond, la poésie n’a pas besoin d’être beaucoup plus compliquée que sujet-verbe-complément. Et c’est ce que les ados ont démontré au cours de cette séance. Les phrases obtenues étaient tantôt drôles, tantôt incongrues. Chacun avait la possibilité d’en changer un élément jusqu’à obtenir l’effet poétique espéré.


Par exemple, « Mon ami pleure jusqu’à la fin du jour » sonnait certes poétique, mais un peu déprimant. Le deuxième essai, « Mon ami pleure comme quand j’étais petit » a su convaincre le petit groupe, très enjoué par le ton mélancolique de ce poème.
Les vers se sont ainsi créés et succédés jusqu’à former un poème complet, que vous trouverez en bas de cet article.

Cet exercice a tant plu que c’est presque à regret que les participants se sont tournés vers les suivants : le poème des « contre », celui des « j’ai peur » et celui des « j’aime bien ». Samantha Barendson est une grande amatrice de listes, et elle a montré aux adolescents qu’une liste peut facilement donner naissance à un poème. Ainsi, en énumérant les contraires (le soleil contre la lune, le vent contre les vagues, le désert contre le bruit...), on obtenait un nouveau poème collaboratif.


Si le poème des « j’ai peur » a permis de créer un espace de liberté d’expression sur une émotion intime, les participants ont souhaité finir sur une note plus positive. Toujours à la manière d’une liste, les jeunes ont donné tour à tour des exemples de ce qu’ils aimaient : le foot, se baigner dans la mer en été, la patience, profiter de la vie... le tout avec une touche de nuance bienvenue, en laquelle chacun pourra se reconnaître : « J’aime sortir avec mes amis, mais jamais le moment où il faut rentrer. »

Et finalement, le premier exercice a suscité tant d’engouement que tout le monde a souhaité recomposer un nouveau poème avant de partir. Une belle démonstration que la poésie peut toucher tout le monde, peu importe son âge.

Le Tremplin poétique adresse ses remerciements aux jeunes du Centre socio-culturel du Point du Jour pour leur dynamisme et leurs idées foisonnantes, ainsi qu’aux membres bénévoles du centre pour leur encadrement bienveillant.

Tremplin pdj

La Patience

Le chat court dans la nuit étoilée.
La lune danse depuis plusieurs années.
Un oiseau monte aux arbres les vendredis et les samedis.
Mon frère passe son temps sous les arbres.
Ma copine attend jusqu’à la fin du jour.
Ma meilleure amie dort sur les nuages.
Une grand-mère rêve comme si elle avait quinze ans.
Une grand-mère répond au ralenti.
Mon ami pleure comme quand j’étais petit.
Ma voisine recommence et on ne comprend rien.
Un drôle d’animal rigole parce qu’on lui a dit de faire comme ça.
Un youtubeur se couche en scrollant sur TikTok.
L’informaticienne coule et avale tout ce qu’elle trouve sur son passage.
La tristesse démarre et ça fait boum boum.
Le temps part en voyage dans un grand silence.
Le pays d’où je viens regarde derrière un mur de béton.

Avec la participation d’Anas, Romaïssa, Mohand, Liam, Boubacar, Amir, Adam, Wanis, Jim, Gilles, Henri et Françoise.