roman

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VMY - Samedi 25 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Samedi 25 mai 2019

AvoixhauteJe suis maaaaaalade, complètement malaaaaaade, bon juste un petit rhume mais ce n'est pas agréable du tout, la tête lourde n'aide pas à la création.

J'ai regardé le documentaire À voix haute de Stéphane De Freitas et Ladj Ly. Une vingtaine de jeunes étudiants de la Seine Saint-Denis (le 93) décident de s'inscrire aux cours qui préparent au concours d'éloquence. Ça peut faire peur comme ça, on se dit que ça va être encore un film plein de bons sentiments, et bien oui, et ça fait un bien fou de voir tous ces jeunes qui savent ce qu'ils veulent et qui ont conscience que le langage est un moyen de s'en sortir, que maîtriser les mots ouvre bien des portes et permet d'avancer. Le documentaire est plein d'humour aussi, de poésie, de slam, d'histoires intimes, de combats personnels et universels. Bravo les jeunes !

26529189En parlant de jeunes, j'ai lu Nous serons de héros de Brigitte Giraud. Comme toujours, son récit est fort, juste, beau. Deux histoires se mêlent, celle de la dictature au Portugal suivie de la révolution des œillets et celle de la guerre d'Algérie. Le narrateur est un enfant portugais exilé en France avec sa mère après l'arrestation et l'assassinat (un accident dit-on) de son père. Il est question de la perte de l'enfance, de la construction d'une nouvelle identité, de ce que l'on laisse et de ce que l'on gagne, mais il est question aussi du corps, du désir, de l'éveil des sens.

Faute d'écrire, je tricote. Je suis nulle en tricot, il va falloir l'admettre mais j'arriverai à finir cette foutue écharpe rouge. Elle ressemble à un portrait de mes humeurs, parfois la maille est souple, d'autres fois elle est trop serrée, il y a des trous par ci par là mailles perdues par inattention ou échappées lors d'un mouvement trop brusque, le début est plus étroit que la fin car je rajoute des mailles par inadvertance, je suis curieuse de finir mon ouvrage.

Img20190525181318Demain, Malo-les-Bains, la mer !

 

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VMY - Vendredi 24 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Vendredi 24 mai 2019

Dernière journée des collégiens, demain la maison et le parc seront de nouveau plongés dans le silence. Je ne suis pas sortie pour ne pas tenter mon rhume qui s'était assoupi, j'ai gardé la chambre et le lit pour être en forme le soir.

Img20190524195433Nous avons - Geneviève Parot, Françoise Henry et moi-même - proposé une première partie au spectacle de Jacques Bonnaffé. Dans l'alcôve de la salle d'exposition, nous avons lu en avant-première des extraits de nos travaux en cours. Nous voulions offrir aux auditeurs et autres gens de passage un aperçu de ce qui s'écrit derrière les murs de cette grande demeure. 

La salle était comble et le public attentif (puis ravi). Trois textes de natures très différentes, trois voix soudainement interloquées par l'énigmatique présence de Jacques Bonnaffé qui est apparu avec un lustre portatif et qui s'est planté là. The show must go on, ce happening n'a pas manqué de surprendre tout le monde. Toutefois, ce qui a pu sembler étrange dans un premier temps a fini par avoir du sens plus tard lors du spectacle.

Remords-moi le Nord, titre dudit spectacle, est une reprise de Les Vieilles carettes.

Img20190524195711Les Vieilles carettes roulent encore. Depuis Calais, et les Feux d’hiver qui les ont vues poindre à l’horizon, elles se sont aventurées dans les festivals conteurs, sur des scènes diverses. Et parfois, chez des amis se sont arrêtées, réinventées et écrites. Grande parade des baratins, en reconnaissance à tous les Cafougnette de la vie quotidienne. C’est une déclaration d’amour à la scène et aux mondes saltimbanques. Un emprunt joyeux à cet aplomb pétillant propre aux Ch’tis lorsqu’on arrête de les caricaturer dans de mauvais scénarios. Disons, une fête de l’écoute usant des répertoires populaires, et comme un devoir de comédien, petit ouvrage d’art et de paroles.

Jacques Bonnaffé parle en patois pendant presque tout le spectacle, il cite Rimbaud, Luciel Suel, Domique Sampiero et tant d'autres. Il mélange les chansons d'un certain Raoul (Raoul de Godewarsvelde, figure emblématique  de la chanson populaire du Nord-Pas-de-Calais) et de Patti Smith. On fait le grand écart entre les chansons de carnaval et la poésie de la Beat generation. Et on en ressort dans un drôle d'état. Je pensais ne pas accrocher au côté clown des premières minutes du spectacle puis j'ai peu à peu été conquise, émue, ravie, j'ai ri, j'ai applaudi. Bravo à lui.

Une table de livres était tenue par la librairie Calibou & co (Café-Librairie-Boulangerie) à Godewaersvelde. Les libraires sont adorables et ils aiment la poésie ! Allez-y.

 

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VMY - Jeudi 23 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Jeudi 23 mai 2019

Img20190523064545Reprise des activités collégiennes dans le parc. Déjeuner à la table de Jacques Bonnaffé. Il est comme on me l'avait décrit, voix et gouaille particulières, humour décapant, amour des oiseaux. Il a peu été question de poésie, mais faut-il en parler ? 

J'ai dû passer pour une psychopathe lorsque j'ai dit à la chanteuse bulgare qui s'était égarée en musique dans notre couloir d'aller chanter plus loin car je n'arrivais pas à écrire. Je suis de ceux qui écrivent en silence, pas de notes, pas de mots.

Img20190523140432Une nouvelle lettre est arrivée ce matin. Merci à la mystérieuse Sophie Grail que je ne connais pas (ou alors ma mémoire me fait défaut et dans ce cas je plaiderai un Alzheimer précoce) pour ses mots. C'est une drôle de sensation, agréable et joyeuse, que de recevoir du courrier postal, surtout en résidence. Ces petites enveloppes tissent un chemin entre ville et campagne, bien plus que les courriels qui finissent par se perdre au fond de l'ordinateur. 

Naturellement je me suis enrhumée, à osciller entre pluie et canicule les variations ont eu raison de ma gorge. Journée enfermée dans ma petite chambre à boire des infusions romarin, citron, miel. C'est comme dans Mon citronnier lorsque la narratrice dit Allais-je passer le reste de ma vie à faire des infusions ?

L'autre fille d'Annie Ernaux est vraiment un très beau texte (et là je vous vois, ceux qui sont d'accord avec moi et qui frétillent, et ceux qui trouvent qu'Annie Ernaux ne fait rien d'autre que des listes de choses qu'elle voit, mais moi j'adore les listes et les auteurs qui font des listes comme Georges Perec ou Clémentine Mélois). Comme tous ses textes, celui-ci est sensible, elle trouve toujours l'image ou la phrase qui dormait en nous et devient évidence sur la page imprimée.

Img20190510090408Avant d'aller dormir, il me faudra choisir entre Nous serons heureux de Brigitte Giraud, Une simple formalité de Sylvie Granotier et Luciel Suel (dont le titre me fait penser, certainement à tort, au film de Giuseppe Tornatore, Una pura formalità), et Identités barbares de Carine Fernandez. 

Il n'y aura pas de fleurs ce soir, le rhume empêche mes escapades. Toutefois, l'herbier demeure incomplet puisque certains noms de plantes n'ont pas encore été trouvés.

 

 

 

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VMY - Mercredi 22 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Mercredi 22 mai 2019

TrainErnauxDernier train pour Buenos Aires, de Hernán Ronsino, très beau roman en quatre parties, quatre personnages, chacun sa version des faits, un peu comme dans Jackie Brown de Tarantino, sauf que là ça se passe en Argentine.

Je lis L'autre fille d'Annie Ernaux. Je découvre la collection Les affranchis des éditions NiL, une collection qui invite l'auteur à écrire une lettre qu'il n'a jamais écrite. Ici Annie Ernaux s'adresse à sa soeur, morte bien avant sa naissance, dont elle semble avoir appris l'existence par hasard.

Journée studieuse. La maison est calme, les collégiens ne reviennent que demain, la musique, l'agitation, le brouhaha et les rires aussi, j'en ai profité pour avancer.

Visite de Laure Anders, ancienne résidente de la Villa (je m'aperçois en écrivant "résidente" que l'on pourrait presque nous croire en maison de retraite ou à l'hôpital psychiatrique, il n'en est rien, nous sommes les habitantes de cette magnifique demeure, les châtelaines). Visite de Laure Anders donc, auteure et plasticienne qui a exposé en février à la Villa une série de collages sur le thème de la Saint Valentin (entendez amour et érotisme).

Suite au succès de l'herbier virtuel d'hier, voici une nouvelle série de photographies des fleurs que l'on trouve dans le parc. À vous de deviner, moi je suis nulle (à part le Pommier, le Pissenlit et le Houx).

Merci à Tristan Alleman qui a trouvé la Bugle rampante, le Lierre terrestre, le Trèfle douteux et la Renoncule.

Merci à Sophie Sopibali qui a trouvé l'Ail des ours, le Plantain et la Cardamine.

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1. Renoncule

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1 bis. feuille de Renoncule

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1 ter. Renoncule

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2. Trèfle douteux

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3. Pissenlit

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4. Bugle rampante

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5.  Plantain

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6. Lierre terrestre

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7. Carotte sauvage ?

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8. Houx

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9. Ail des ours

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10. Pommier

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11. Cardamine

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11 bis. Cardamine

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12. Véronique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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