Résidence

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VMY - Jeudi 9 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Jeudi 9 mai 2019

Dans les briques de la façade de la maison, il y a un trou dans lequel des oiseaux ont fait leur nid. Je me suis approchée pour essayer de les voir, ils paillaient quelque chose qui ressemblait fortement à "J'ai faim, j'ai faim, quand est-ce qu'on mange ?". La mère (ou le père) a quitté l'arbre où elle (ou il) se tenait pour venir vérifier qui était cette grande perche humaine qui s'approchait de sa progéniture. Je crois que c'était une mésange bleue - je n'y connais rien - elle a commencé à voler autour de moi dans une danse en U, voulant certainement m'attaquer mais se rendant bien compte que j'étais plus grande qu'elle. Je me suis éloignée. Un ami m'a conseillé l'attitude orientale : sois zen et contemple. C'est un peu chiant mais j'essaie.

Img20190509141434Ça nous apprendra à naître dans le Nord, de Carole Fives et Amandine Dhée. Comment ne pas lire ce livre ici ? Les deux auteures-narratrices, à la demande de leur éditeur, initient un travail d'écriture sur Fives, un quartier populaire de Lille qui a connu un passé industriel puis, à la fermeture des usines, un fort chômage. Elles avancent dans leurs recherches, travaillent ensemble dans différents bars, entrecoupent le récit de leurs échanges par des voix de témoins. C'est drôle et touchant, à lire dans le Nord comme dans le Sud.

Très belle soirée à la Villa. Vernissage de l'exposition de Benoît Galibert Au lieu d'écrire suivi d'une lecture-rencontre avec les trois auteures résidentes. Dominique Quélen animait la soirée, il avait lu les trois livres d'une façon rare et fine, trouvant un subtil fil rouge pour passer de La folie des solitudes de Geneviève Parot, à Mon citronnier, à Juste avant l'hiver de Françoise Parot. Le public était présent et attentif. Il a été question de fait divers dans la Creuse, d'enquêtes, de meurtres et d'absences, de Prague avant et après la révolution de velours, de langues et de poésie. Cocktail, échanges, chacun est reparti au travers des bois du parc laissant la maison silencieuse et ses habitantes ravies.

Demain Dunkerque.

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Solitudes

Mon citronnierHiver

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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VMY - Mercredi 8 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Mercredi 8 mai 2019

Jour férié. Frayeur du matin, l'eau s'est mise à couler par intermittence. Chasse d'eau, douche et lavabo propageaient un bruit de mitraillette, un staccato métallique, dans leurs tuyauteries Croire un instant qu'il n'y aura bientôt plus d'eau dans l'immense Villa et penser à remplir rapidement des bouteilles pour ne pas mourir de soif si cela advenait.

Retour à la normale, l'eau coule paisiblement des robinets, dehors la pluie. Les arbres se balancent dans le vent, les marguerites des champs lui résistent. Assise à mon bureau, je tourne parfois la tête à droite pour contempler cette danse, je crois que c'est beau mais cela m'ennuie, je voudrais le soleil pour pédaler sur les routes de campagne, retourner en Belgique ou explorer les Flandres.

3soeursDouceurdeshommesLu Trois soeurs de Genevière Parot ma colocataire. Beaucoup aimé ces trois récits de trois soeurs séparées lorsque deux d'entre elles décident de fuguer pour entrer au couvent, laissant la petite dernière seule avec ses parents. Fresque historique - l'on traverse deux guerres - et familiale qui interroge intelligemment le rapport à la religion.

Commencé La douceur des hommes de Simonetta Greggio, sorte de journal intime qui revient sur le passé et les amours charnelles d'une femme octogénaire sur le point de mourir. C'est cru, c'est drôle, parfois tragique, c'est savoureux comme savent l'être les mamies.

Mini intervention via Skype dans une classe du Liceo linguistico di Milano. Les élèves ont traduit mon texte Je m'ennuie en italien (Mi annoio), nous avons échangé pendant trois quarts d'heure à propos des doutes ou zones d'ombres qu'ils avaient pu rencontrer lors de la traduction.

Je regrette ce que j'ai écrit plus haut. Le soleil est revenu et je suis allée pédaler. Il m'a fallu deux heures pour parcourir la boucle de 14 km entre le Mont noir et Bailleul... La bicyclette était lourde - ou peut-être est-ce moi - j'étais à bout de souffle même en descente. Au retour, ayant la certitude que j'allais mourir dans les 3 km qui séparent Saint-Jans-Cappel du Mont noir, je me suis arrêtée à la baraque à frites.

Je ne pédalerai plus.

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VMY - Mardi 7 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Mardi 7 mai 2019

Aujourd'hui, visite de Cassel, le village préféré des français en 2018 (si, si, si).


Avec ses 176 mètres d'altitude, le Mont Cassel est une butte-témoin, relique de l'ère tertiaire. Cassel domine largement la plaine des Flandres maritimes françaises et belges. Au sommet du mont, devenu jardin public, un moulin, dernier vestige d'une époque qui en comptait plus de vingt.

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Nous avons visité le musée de Flandres qui propose actuellement une exposition "Fêtes et Kermesses au temps des Brueghel". Ce très beau bâtiment abrite ainsi une collection pour le moins étonnante si l'on regarde les détails des oeuvres présentées... je vous laisse juger.

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À ce jour, nous n'avons pas encore compris les horaires d'ouverture et de fermeture des estaminets qui sont nombreux mais toujours fermés lorsque nous arrivons. Peu importe, la promesse d'un repas moules-frites-bière approche.

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VMY - Lundi 6 mai 2019

Villa Marguerite Yourcenar - Lundi 6 mai 2019

Matinée shooting avec le photographe Bruno Dawaele. Perchée sur l'échelle de la bibliothèque à feuilleter un livre de Marguerite Yourcenar en polonais, j'ai pris l'air naturel des poètes qui flânent dans leur bibliothèque. Plus tard, assise dans l'âtre de la cheminée ou dans l'escalier en bois de l'entrée de la Villa, j'ai essayé de paraître tout aussi détachée. Photos à suivre.

Après-midi d'automne, je lis sur les réseaux sociaux qu'il neige pas si loin d'ici. Le mois de mai fait ce qu'il lui plaît et moi j'écris. Quelques heures passées à ce roman en gestation, puis quelques minutes à vérifier la traduction espagnole de Mon citronnier dans le but d'intervenir vendredi dans un cours d'espagnol de terminale littéraire à Dunkerque, le reste de l'après-midi à passer mon site Internet en mode adaptatif.

Aucune balade, aucune photo, journée statique, immobile et hibernante.

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